10 août 2017
Pendant longtemps je me suis sentie déracinée. Ou plutôt sans racine. En effet je ne me souviens pas d’avoir eu le sentiment d’avoir des racines ou qu’à un moment on m’ait arrachée à ma terre.
Je me sentais donc sans racine, sans attachement. Mon histoire et celle de mes parents ont voulu ça, beaucoup de déménagements pour eux comme pour moi et des lieux de vie éloignés de la famille elle-même assez dispersée. Pourtant je suis née quelque part, à Lyon, (enfin Bron précisément) et à l’époque l’essentiel de ma famille, oncles et tantes, grand-mères y vivaient. Mes racines pourraient donc être logiquement à Lyon. Mais je n’ai passé que 5 années dans cette ville les premières de ma vie et j’y ai si peu de souvenirs qu’elle ne représente que très peu de choses pour moi.
Il y a ensuite le village où j’ai grandi entre 5 et 16 ans. J’aurais pu il est vrai m’ancrer dans cette terre matheysine, mais l’entrée dans l’âge adulte m’a fait perdre le peu de contacts que j’y avais et mes parents n’y habitant plus je n’y suis jamais retournée ou simplement pour un court passage de quelques heures.
Ensuite ma vie adulte a vu s’enchaîner les changements de région jusqu’à l’Alsace où je vis depuis 18 ans maintenant. Mais même si j’aime beaucoup Strasbourg, une chose est sûre, je ne suis pas alsacienne !
Pendant longtemps j’ai été donc de nulle part et de beaucoup d’endroits en même temps. Un statut pas forcément très confortable mais pas vraiment désagréable non plus.
Il y a 4 ans lors d’une session thérapeutique, les accompagnants nous avaient guidés pour construire mentalement notre refuge. Un endroit imaginaire dans lequel nous pourrions par la suite en cas de « crise » (grosse colère, conflit, peur etc…) nous installer en pensée afin de nous apaiser. Une sorte de « happy place » comme appellent ça les américains. J’avais adoré cet exercice et décrit mentalement avec beaucoup de minutie un petit lac de montagne, entouré de montagnes encore plus hautes, bordé d’herbes, de rochers, de fleurs, avec quelques cris de marmottes au loin. Je m’y suis souvent rendue, en pensées, dans des moments un peu difficiles et toujours il a rempli son rôle de m’apaiser et de m’aider à y voir plus clair.